«Les œuvres doivent être le reflet de notre société»

vendredi 20 avril 2018

En amont du «10x6 Architecture: Innovation & Sustainability» organisé par le Paperjam Club le mercredi 25 avril 2018, l’un des orateurs, Francis Schwall (Neobuild), expose sa vision des enjeux d’une architecture novatrice et soutenable. 

Monsieur Schwall, comment la durabilité impacte-t-elle le marché de l’architecture? Est-ce un facteur de différenciation, une valeur ajoutée ou une contrainte?

«Les architectes ont l’importante responsabilité de construire notre monde, celui dans lequel nous vivons actuellement, mais aussi et surtout celui dans lequel nous allons vivre. Leurs œuvres doivent être le reflet de notre société, de ses forces autant que de ses ambitions. Aujourd’hui plus que jamais, les architectes doivent naturellement et spontanément penser ‘durable’. Construire durablement, c’est bien sûr construire pour l’avenir, mais ce n’est pas qu’une question de durée, c’est aussi construire de manière responsable, en pensant aux utilisateurs autant qu’à son environnement. 

Le durable ouvre le champ des possibles, il offre de nouvelles perspectives, de nouvelles pistes de réflexion. C’est passionnant pour les experts ingénieurs qui doivent résoudre de nouvelles questions proposées par les architectes visionnaires. 

Comment doit-on penser la résilience urbaine aujourd’hui?

«La résilience urbaine est au cœur même du processus de construction. Repenser le système urbain est nécessaire afin de le voir aujourd’hui comme un ensemble, articulé intelligemment pour construire des objets fonctionnels et durables.

Cela suppose une adaptabilité aussi bien des constructeurs que des utilisateurs de ces objets pour que les contraintes deviennent des forces, mais aussi une collaboration entre ces différents acteurs, afin que les compétences urbanistiques, architecturales, etc. interagissent et convergent vers un objectif commun, celui de créer un écosystème durable dans lequel chacun trouve ‘naturellement’ sa place. La tâche est complexe, car il faut tenir compte des contraintes techniques ou humaines ou encore des défaillances des réseaux urbains.

Il faut d’abord penser à ce qu’on veut avoir dans 10 ou 20 ans pour pouvoir trouver le chemin le plus judicieux depuis la situation actuelle vers le moins de contraintes possible. Mais comment ‘contraindre’ pour faire évoluer les mentalités de manière ‘smooth’?

Les coûts de l’innovation et de la durabilité sont-ils un frein au développement de l’architecture?

«Innovation et durabilité sont les moteurs de la réflexion de l’architecte. 

Ce n’est pas un coût, mais un investissement naturel dans le cadre d’une construction durable. Si le programme demande une installation technique sur les deux derniers étages d’une tour ou la pose d’un héliport sur le toit d’un hôtel ou même un terrain de tennis, l’architecte doit trouver des solutions et le tout fait partie intégrante du projet. Et, si le programme demande l’installation d’une serre urbaine sur le toit d’un lycée technique au cœur d’un ensemble urbain, l’architecte trouvera des solutions innovantes et surprenantes qui construiront l’histoire de demain.» 

Les inscriptions au «10x6 Architecture: Innovation & Sustainability» sont ouvertes sur le site du Paperjam Club.

Source : www.paperjam.lu